Vente FC Nantes : l'accord de principe signé avec Paulo Tavares met fin à 19 ans d'ère Kita, et c'est une bonne nouvelle à savourer avec prudence. Le montant annoncé, jusqu'à 125 millions d'euros, dépasse de trois à cinq fois la valeur réelle du club, et le repreneur traîne un passé d'échecs. Sur le site SoccerStats, le soulagement est légitime, l'euphorie serait prématurée.
Vente FC Nantes : la fin de 19 ans d'ère Kita
Après 19 ans de présidence, Waldemar Kita, propriétaire du FC Nantes depuis 2007, a signé mardi un accord de principe pour céder le club à un pool d'investisseurs emmené par Paulo Tavares. L'homme d'affaires franco-polonais avait acheté les Canaris 10 millions d'euros il y a près de deux décennies.
Le bilan de l'ère Kita est celui d'un lent déclin : 24 entraîneurs en 19 ans, une Coupe de France en 2022 comme unique trophée, et une relégation en Ligue 2 cet été. Une instabilité chronique qui a poussé une grande majorité de supporters à accueillir la vente avec soulagement.
Sportivement, le club ne va nulle part : comme nous le constations dans notre analyse de la Ligue 2 2026 2027, Nantes était dernier après deux journées, et Michel Der Zakarian n'a tenu que trois journées avant d'être écarté. Un début de saison qui ne pointe pas vers une remontée immédiate.
Un prix à 125 M€, très au-dessus de la réalité du club
Le rachat est chiffré à 100 millions d'euros, auxquels s'ajoutent 25 millions de part variable, soit jusqu'à 125 millions au total selon RMC Sport, L'Équipe et Ouest-France. Une trentaine de millions ont déjà été placés en garantie sur un compte bloqué, en attendant le passage devant la DNCG.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Montant de base | 100 M€ |
| Part variable (bonus) | 25 M€ |
| Total potentiel | 125 M€ |
| Prix payé par Kita en 2007 | 10 M€ |
| Garantie sur compte bloqué | ~30 M€ |
| Valorisation jugée réaliste | 20 à 40 M€ |
Ce prix interroge : pour un club de Ligue 2 relégué, non propriétaire de son stade ni de son centre d'entraînement, les experts et les supporters jugent une valorisation entre 20 et 40 millions d'euros bien plus cohérente. La Beaujoire, obsolète, et La Jonelière, vieillissante, demanderont des investissements que ce montant vertigineux devra d'abord financer.
Paulo Tavares, lui, affirme avoir déjà réuni plus de 300 millions d'euros pour porter son projet. Une promesse qui contraste avec la réalité économique d'un football français plombé par la chute des droits télé.
Paulo Tavares, un repreneur au passé encombrant
Âgé de 62 ans, l'ancien agent franco-portugais n'en est pas à sa première tentative : il a déjà échoué à racheter Valenciennes en 2019 et Saint-Étienne en 2023. Son nom apparaît aussi dans les Football Leaks, ces documents confidentiels publiés par Der Spiegel fin 2016.
On lui doit notamment l'organisation d'un match de gala à Grozny en 2011, avec Maradona, Baresi ou Barthez, décrit comme une opération de propagande pour Ramzan Kadyrov. Il était aussi impliqué dans le fiasco de la reprise de Neuchâtel Xamax en 2011, soldé par la faillite du club suisse neuf mois plus tard.
Signe des doutes qu'il inspire, Vahid Halilhodzic a déjà décliné le poste de manager général que Tavares lui proposait. Le nom de Jérôme Champagne circule, lui, pour la présidence, mais rien n'est arrêté.
Vente FC Nantes : la DNCG, juge de paix
Un accord signé ne veut rien dire tant que la DNCG, le gendarme financier du football français, n'a pas validé la solidité des garanties du repreneur. Le précédent de 2019 est là pour le rappeler : le fonds britannique LFE Football Group avait trouvé un accord avec la famille Kita, avant d'être recalé par l'instance.
Notre position est nette : ce rachat peut redonner un avenir au FC Nantes, à condition que l'argent soit réel et que le projet sportif l'emporte sur la communication. La vente de l'OM à un investisseur incertain, que nous décortiquions dans notre analyse de la vente OM, montre que le football français attire autant les projets solides que les marchands de rêve.
Vente FC Nantes : si le dossier passe la DNCG, les Canaris tourneront enfin la page d'une décennie d'échecs. S'il échoue, l'incertitude de 2007 se prolongera. Le soulagement est permis, pas la confiance aveugle.
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