Lens entraîneur : le RC Lens a remplacé un coach limogé après six matchs par un entraîneur sans diplôme, et c'est le pari qu'un club 15e de Ligue 1 ne pouvait pas se permettre. Dino Toppmöller a été écarté le 15 septembre, un record de précocité dans l'histoire du club. Son successeur, Yannick Cahuzac, n'a pas encore son brevet d'entraîneur professionnel. Sur le site SoccerStats, le constat est limpide : Lens a réglé une guerre de staff, pas ses problèmes de fond.

Match Résultat Compétition
Auxerre (J1) 5-2 Ligue 1
Strasbourg (J2) 1-2 Ligue 1
Lorient (J3) 0-1 Ligue 1
Le Mans (J4) 2-2 Ligue 1
Monaco (J5) 1-2 Ligue 1

En cinq journées, Lens n'a gagné qu'un seul match de Ligue 1 : 4 points, 9 buts marqués pour 9 encaissés, et une 15e place qui ne ressemble en rien au vice-champion de France de la saison passée.

Lens entraîneur : un limogeage record, pour une guerre de staff

Dino Toppmöller, 45 ans, arrivé cet été pour succéder à Pierre Sage, parti à Crystal Palace, a été démis après seulement six matchs officiels. C'est le passage le plus court d'un entraîneur dans l'histoire de Lens, un match de moins que l'éphémère épisode Guy Roux en 2007.

L'Allemand avait pourtant bien démarré : un Trophée des champions gagné face au PSG mi-août et une victoire en Ligue des champions. Mais en championnat, le début de saison a été poussif, et la rupture est venue d'ailleurs.

La direction lensoise, menée par le directeur sportif Jean-Louis Leca et le directeur général Benjamin Parrot, voulait se séparer de l'adjoint Nelson Morgado, jugé « trop exigeant, trop bruyant et en conflit avec trop de personnes ». Toppmöller a refusé de sacrifier son bras droit, et le club a mis fin à sa mission ainsi qu'à celle de ses deux adjoints.

Le 1er octobre, au podcast Spielmacher, Toppmöller est enfin sorti du silence : « j'étais abasourdi », a-t-il confié, assurant qu'il préférait se regarder dans la glace plutôt que de lâcher un homme qui n'avait rien fait d'inhabituel. Un récit qui confirme que le limogeage relevait plus de la politique interne que du terrain.

Lens entraîneur : Cahuzac, le pari sans diplôme

Pour remplacer Toppmöller, Lens a promu Yannick Cahuzac, 41 ans, ancien capitaine des Sang et Or entre 2019 et 2022, revenu au club en juillet comme adjoint. Le directeur général Benjamin Parrot a été clair : « il n'y a pas de notion d'intérim, il est entraîneur de l'équipe première ».

Sauf que le Corse n'a pas encore son brevet d'entraîneur professionnel (BEPF), qu'il passe toujours à Clairefontaine, environ une semaine par mois. Confier un club engagé en Ligue des champions à un technicien sans le diplôme requis, à la 15e place, est un pari que peu de clubs oseraient.

Sa première sortie s'est soldée par une défaite 2-1 sur la pelouse de Monaco, le 18 septembre, malgré l'égalisation de Udol. Depuis, la trêve internationale lui a laissé trois semaines pour travailler.

Ce que la victoire face au Standard dit vraiment

Vendredi 2 octobre, Lens a battu le Standard de Liège 2-0 en amical à huis clos, la première victoire de l'ère Cahuzac. Odsonne Edouard, muet en championnat, a ouvert le score dès la 10e minute, et Florian Thauvin a doublé la mise sur penalty à la 70e.

Le résultat n'a rien de décisif, mais les signaux sont là : Saud Abdulhamid (30 minutes) et Yassine Titraoui (35-40 minutes) ont effectué leur retour de blessure, et onze internationaux ont laissé la place aux jeunes. C'est une profondeur de banc que Lens n'avait pas montrée depuis l'ouverture.

Reste que les chiffres racontent un mal plus subtil qu'une défense en ruine : les trois défaites de Lens (1-2 à Strasbourg, 0-1 contre Lorient, 1-2 à Monaco) ont toutes été concédées d'un seul but. Lens ne se fait pas marcher dessus, il perd des matchs serrés, faute de justesse dans les deux surfaces.

Lens entraîneur : le verdict dès vendredi face à Lyon

Lens reçoit Lyon, vendredi 9 octobre à 20h45 à Bollaert, pour la reprise de la 6e journée. C'est le premier vrai test de Cahuzac : un Lyon invaincu, dauphin avec 11 points et 10 buts marqués, face à une équipe qui n'a gagné qu'une fois en cinq journées.

Notre position est nette : promouvoir Cahuzac était un choix de continuité défendable, mais le faire sans brevet et sans recrue, à la 15e place, transforme un club européen en laboratoire. Les résultats de la 5e journée montrent une attaque qui tourne (9 buts) et un ensemble qui déraille dès qu'on le presse.

Lens entraîneur : battre Lyon vendredi redonnerait du crédit au pari et relancerait un club qui n'a plus le droit à l'erreur. Une défaite, et le limogeage de Toppmöller apparaîtra pour ce qu'il est vraiment : une fuite en avant née d'une guerre de staff plus que du terrain.

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